La chasse au pyromane est ouverte

La chasse au pyromane est ouverte

22 June 2006

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La Réunion — Les gendarmes sont sur la piste d’un homme d’une cinquantaine d’années, surpris en flagrant délit d’incendie volontaire par des agents de l’ONF, avant-hier sur la réserve de la Roche Écrite. L’alerte rapidement donnée, les dégâts ont heureusement été limités au moindre mal. Mais d’aveu des responsables du site, on n’est pas passé loin d’un désastre.

C’est un véritable coup de chance qui a permis aux agents de l’Office national des forêts (ONF) de mettre en fuite un pyromane, surpris alors qu’il tentait de mettre le feu à la forêt primaire avant-hier après-midi, à l’extrême ouest de la zone classée réserve naturelle de la Roche Écrite. L’incendie a toutefois eu le temps de se répandre sur 500 m2 de végétation, avant d’être maîtrisé par les pompiers à l’aide de l’hélicoptère bombardier d’eau de la compagnie Hélilagon. L’incendiaire, qui est parvenu à s’échapper, est depuis recherché par les gendarmes.

Alerté par son chien

Il est onze heures environ, mardi, lorsqu’une équipe de cinq ouvriers de l’ONF chargée d’installer des pièges à rats (dans le cadre du plan de protection de l’espèce endémique menacée qu’est l’oiseau tuit-tuit, lire par ailleurs), remarque au loin de la fumée, dans la zone du Piton Ravine-à-Marquet. Équipés de jumelles, les agents scrutent alors le secteur pour tenter d’en savoir plus. C’est ainsi qu’ils aperçoivent un homme d’une cinquantaine d’années, accompagné d’un chien. L’homme a devant lui cinq tas de brindilles et branchages, qu’il entreprend d’allumer un par un à l’aide d’un briquet. Alertant leur hiérarchie ainsi que les secours, les agents de l’ONF se dirigent vers le foyer naissant dans l’objectif d’intercepter le pyromane. “Malheureusement, il a été alerté par son chien, raconte Bernard Deveaux, référent ONF sur la réserve de la Roche Écrite, et il a réussi à s’enfuir, non sans avoir allumé deux des cinq tas de brindilles. Il avait l’air de bien connaître le coin, car il est parti à travers bois sans hésiter.” Les agents le laissent filer, plus préoccupés par l’extinction des brasiers naissant. “Ils ont sauté sur les tas de branches pour éteindre le feu, mais les flammes ont tout de même réussi à se propager.” Le Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis) alerté, l’hélicoptère bombardier d’eau d’Hélilagon vient faire une reconnaissance sur zone vers 12 h 30. Puis il commence ses rotations entre les points d’eau de Dos d’Âne et le site sinistré. Dans le même temps, gendarmes et agents de l’ONF tentent de bloquer les issues de la réserve naturelle afin d’intercepter le pyromane, avec l’aide de l’Alouette de la section aérienne qui survole la zone. Il y a deux sorties possibles de ce côté-ci de la réserve : le sentier de Piton Fougères, qui rejoint la route forestière de la Plaine d’Affouches, et le sentier des Lataniers, qui rejoint Dos d’Âne.

Il croise des agents de l’ONF

Et c’est ce dernier qu’a justement choisi le suspect pour quitter les lieux. Il va d’ailleurs croiser en chemin une équipe de l’ONF, pas encore avertie du sinistre et qui le laisse passer sans encombre. “C’est même lui qui les a informés qu’il y avait le feu”, précise Bernard Deveaux. Du côté du Piton Ravine-à-Marquet, l’incendie semble enfin maîtrisé, aux alentours de 15 h 30. Au final, c’est une bande de 300 mètres sur quelques mètres de large de forêt primaire qui a été détruite selon l’ONF. Coût de l’opération : 10 000 euros. Les dégâts écologiques ont heureusement été limités, même si les responsables de l’ONF ont craint pour deux couples de tuit-tuit nichant dans ce secteur. Sans compter la vie des agents qui étaient sur le terrain, et qui auraient pu être également piégés par les flammes. Les gendarmes de la brigade territoriale de la Possession ont ouvert une enquête pour incendie volontaire et mise en danger de la vie d’autrui, des faits passibles de 15 ans de réclusion criminelle et 150 000 euros d’amende. Le pyromane est depuis activement recherché, d’autant que les militaires disposent de son signalement précis grâce aux agents de l’ONF qui l’ont croisé dans sa fuite. D’après eux, il ne s’agirait pas d’un braconnier, mais bien d’un maniaque dont le seul but est de détruire par les flammes. Une première grosse alerte alors que commence la saison sèche.

Sébastien Gignoux

L’incendiaire du vendredi jamais arrêté Depuis plusieurs années, un autre pyromane sévit sur les rampes de la Montagne, déclenchant, le plus souvent le vendredi après-midi, des feux de broussailles. L’incendiaire passe à l’acte pendant la saison sèche, et ce depuis 2003, de manière très régulière, contraignant les pompiers à des interventions délicates en bord de route. Des jours récurrents qui peuvent faire penser à un incendiaire unique qui, depuis tout ce temps, échappe à lapolice.

Durant l’intervention : le 4X4 des gendarmes roulotté

Alors qu’ils participaient aux recherches du pyromane, les gendarmes de la Possession ont eu la désagréable surprise à leur retour de trouver leur 4X4 avec une vitre brisée et une porte enfoncée sur le parking de Dos d’Ane. Du matériel leur avait été volé. Immédiatement, des barrages sont mis en place dans le secteur de la Possession, et les auteurs du vol sont interceptés au volant d’une Mitsubishi Colt, rue Moulin-Joli à la Possession au terme d’une course-poursuite. Les deux occupants, des jeunes de 22 ans, prennent alors la fuite à pied. L’un d’eux est interpellé par le Peloton de surveillance et d’intervention, appelé en renfort. L’autre court toujours, mais le dispositif appelé en renfort par les gendarmes de la Possession devrait rester opérationnel jusqu’à son arrestation. Il convient de rappeler que le vol, commis au préjudice d’un agent de la force publique, est une circonstance aggravante.


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