Procès en assises pour incendie volontaire dans le Var

Procès en assises pour incendie volontaire dans le Var

16 January 2006

published by www.liberation.fr


DRAGUIGNAN, Var — Pour la première fois depuis les graves incendies de forêt dans le Var en 2003, un procès pour incendie volontaire est jugé devant une cour d’assises.

Stéphane Audibert comparaît mardi devant la cour d’assises du département. Il encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Cet employé aux espaces verts de la commune de La Motte âgé de 24 ans est soupçonné d’avoir le 28 juillet 2003 allumé un feu en bordure de la route départementale conduisant à la localité.

Le département du Var était depuis des jours la proie des flammes, avec une chaleur et une sécheresse record.

Attisées par un mistral violent avec des pointes à 80 km/h, les flammes avaient détruit en quatre jours près de 2.000 ha de forêts, de garrigues et de vignobles.

Le feu s’était étendu aux communes du Muy, de Callas et de Roquebrune-sur-Argens provoquant des dégâts considérables.

L’Office national des forêts (ONF), les propriétaires de terrains, les exploitants agricoles et forestiers et les communes concernées ont évalué le préjudice à près de 10 millions d’euros. Dix sapeurs-pompiers ont été blessés en combattant les flammes.

Les gendarmes sont remontés jusqu’à Stéphane Audibert en étudiant la liste des appels téléphoniques passés d’appareils fixes et de portables entre le moment du départ du feu et l’heure à laquelle l’alerte avait été donnée.

Ils ont appris que le jeune homme s’était fâché avec son club de chasse sur le prix d’une cotisation à payer. Le terrain de cette association de chasse a été détruit à 90% par l’incendie.

Les enquêteurs ont établi qu’au-delà de nombreuses suspicions d’incendies volontaires pesant sur lui depuis le début des années 2000, Stéphane Audibert avait été évincé du corps des sapeurs-pompiers du Muy pour des faits de vol.

En détention provisoire depuis novembre 2003, le jeune homme a nié une quelconque responsabilité dans l’incendie de La Motte.

Le crime d’incendie volontaire peut entraîner la réclusion criminelle à perpétuité s’il y a mort d’homme. Dans le cas présent où il n’y a eu que des blessés à déplorer, le maximum de la peine est de vingt ans deprison.


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