“Un vrai désastre écologique” à la Réunion


“Un vrai désastre écologique” à la Réunion

31 October 2011

published bywww.tempsreel.nouvelobs.com


La Réunion / France — La ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet a également répondu aux élus locaux qui réclament l’envoi d’avions bombardiers.


Un pompier devant les flammes qui ravagent le Maïdo, à la Réunion, le 25 octobre 2011 (AFP PHOTO RICHARD BOUHET)

L’incendie qui ravage le Parc national de la Réunion est un “vrai désastre écologique”, a affirmé lundi 31 octobre la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.

C’est un désastre parce qu’on est “au coeur du parc où se trouvent une forêt primaire d’une grande richesse environnementale, ainsi que des espèces endémiques”, a précisé la ministre.

Alors que beaucoup d’élus locaux réclament l’intervention d’un avion bombardier d’eau Dash-8, la ministre a souligné que, selon elle, ce type d’appareil était inadapté.

D’abord, parce qu’envoyer des avions bombardiers d’eau depuis la métropole prendrait “au moins six jours”, et ensuite parce que le ravitaillement du Dash-8 à l’aéroport de Saint-Denis de la Réunion nécessiterait des rotations de 40 minutes, ce qui le condamnerait à quatre ou cinq interventions par jour maximum.

De plus, a-t-elle ajouté, “le terrain est très accidenté. Il faut des largages plus précis et les hélicoptères sont mieux adaptés”.

“L’essentiel de la lutte doit se faire au sol” et “l’urgence c’est la mobilisation de tous les moyens”, a souligné Nathalie Kosciusko-Morizet, selon laquelle “plus de 800 personnes sont mobilisées, dont 420 sont envoyées de métropole, les derniers arrivant demain”.

Situation mitigée

La nuit de dimanche à lundi 31 octobre a été moins difficile que prévu sur le terrain à La Réunion, selon les pompiers. Aucune habitation n’a été touchée par le feu sur les hauteurs de Saint-Leu où 26 habitations avaient été évacuées préventivement. Les occupants ont pu regagner leur domicile dans la matinée.

Interrogé par BFM TV, le porte-parole de la sécurité civile, le lieutenant-colonel Florent Hivert a déclaré que le feu ne progressait plus.

Un déclaration rassurante de la part du porte-parole de la sécurité civile, toutefois nuancée par un communiqué de la préfecture publié à 12h (heure locale), 9h (en métropole) :

“La surface parcourue par le feu s’établissait ce matin à 2.677 hectares”, la même que la veille. Pourtant, “localement le feu gagne encore du terrain et la zone parcourue reste active” en particulier sur le front ouest, précise le communiqué.

Au nord de la ligne de l’incendie, le feu du Piton des Orangers (nord) est “contenu même s’il progresse” ainsi que le foyer situé à l’est, tandis que sur le front sud “les pompiers continuent leur travail de refroidissement des lisières”, selon la préfecture.

Renforts

Plus de 800 personnes sont engagés sur le terrain dont 240 arrivés en renfort de métropole, jeudi, vendredi et dimanche.

Le préfet de la Réunion, Michel Lalande, a de son côté annoncé l’arrivée mardi de 171 pompiers supplémentaires de métropole pour participer à la lutte contre l’incendie du Parc national de la Réunion.

“Dans les moments difficiles qu’elle connaît, la Réunion peut compter sur la solidarité nationale”, a affirmé le préfet dans un communiqué, annonçant l’envoi par le gouvernement de 171 pompiers supplémentaires ainsi que 5 tonnes d’équipement qui arriveront mardi dans l’île, portant à 400, le nombre total de pompiers venus de métropole, spécialisés dans les feux de forêts.

“Ces vagues de renforts successives s’inscrivent dans la stratégie qui a été définie et qui permettra de venir à bout de cet incendie”, a encore dit le préfet, citant “l’attaque de proximité” au sol associée aux interventions des hélicoptères bombardiers d’eau et de transport des pompiers.

Selon le dernier bilan établi par la préfecture en début de matinée dimanche, 2.677 hectares ont été parcourus par le feu depuis le début de l’incendie mardi dans le Parc national classé au patrimoine mondial par l’Unesco le 1er août 2010.

“Pourquoi avoir attendu six jours?”

La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Cécile Duflot, et la candidate à la présidentielle du parti, Eva Joly, ont dénoncé dimanche “la réaction dramatiquement insuffisante de l’Etat et des autorités locales”. Cet incendie “est une véritable catastrophe nationale”, estiment les deux femmes dans un communiqué.

Un an après le précédent incendie qui avait touché l’Ile, elles accusent les autorités locales d’avoir fait “preuve d’une apathie coupable, tant dans l’anticipation que dans l’élaboration de plans d’intervention”.

“Face à cette catastrophe écologique, aux conséquences humaines très lourdes”, Cécile Duflot et Eva Joly demandent “l’intervention immédiate de l’Etat mais également l’ouverture d’une enquête publique afin d’identifier les responsabilités impliquées dans ce désastre”. “L’arrivée de 200 pompiers en provenance de la métropole est une bonne chose, mais pourquoi avoir attendu six jours après le début du sinistre?, interrogent-elles.

 


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